Et si la masturbation masculine devenait illégale au Texas?

Une proposition de loi au Texas propose de pénaliser "toute éjaculation en dehors d'un vagin ou hors structure médicale", rendant l'acte punissable d'une amende de 100$.

Oui, vous avez bien lu. Au Texas, la sénatrice démocrate Jessica Farrar vient de proposer un projet de loi qui punirait tout homme éjaculant dans un but autre que reproductif. Et donc, de punir tout homme éjaculant grâce à la masturbation.

Selon le projet de loi, tout homme éjaculant en dehors d’un vagin ou d’un complexe médical pourra être considéré comme criminel sur le motif qu’il s’agirait d’un « acte contre un enfant non-né, et l’échec à préserver le caractère saint de la vie. ». La masturbation deviendrait donc un crime, passible d’une amende de 100$.

Cartoon de Andy Singer – « La vie commence avec une érection » – « la masturbation est un meurtre! »

Projet satirique, cette loi propose de traiter la sexualité des hommes de la même manière que la santé féminine est traitée au Texas. La sénatrice vise, avec ce projet, à souligner la dureté des lois anti-avortement et anti-choix qui accablent les Texanes. Le langage utilisé dans le projet de loi est similaire à celui que l’on trouve dans les législations anti-choix, et il est par ailleurs proposé que les bénéfices tirés de l’amende de 100$ soient reversés au Département de la Famille et aux Services de Protection des enfants.

Le projet propose aussi d’autoriser les docteurs à refuser de pratiquer des vasectomies, des colonoscopies et de prescrire du Viagra, « s’ils estiment que de telles actions vont à l’encontre de leurs croyances religieuses ou morales » de quelque manière que ce soit.

Copiant le schéma d’une loi Texane de 2011 qui exige qu’une femme désirant avoir recourt à un IVG doit subir une échographie et écouter une description du foetus, le projet de Farrar propose que les médecins pratiquent obligatoirement des touchers rectaux non-nécessaires et fassent passer une IRM à leurs patients avant d’effectuer vasectomies, colonoscopies, ou de prescrire du Viagra.

La sénatrice Jessica Farrer, en haut à gauche, militante des droits des femmes, posant ici lors d’un rally pro-choix.

Sur sa page Facebook, Jessica Farrar explique :

« Bien que (le projet) soit satirique, il n’y a rien de drôle dans les restrictions imposées aux droits de la santé des femmes. (…) Les femmes ne rient pas des régulations et obstacles imposés par l’Etat qui interfèrent avec leur accès à des soins médicaux sûrs, et qui les soumet à de la fausse science et des procédures médicales non-nécessaires. Les Texans méritent d’être traités avec le même niveau de respect quand il s’agit de prendre des décisions concernant leur santé, peu importe leur genre. »

Ce projet, bien que semi-comique, a le mérite de faire parler de lui et de raviver le débat d’une égalité des droits encore loin d’être acquise dans certains états conservateurs tels que le Texas.

On espère qu’il aura en tout cas un effet autre que celui de faire rire, et servira à faire réfléchir les personnes en position de faire changer les choses.

REPONDRE

Please enter your comment!
Met ton blaz' ici