Trainspotting 2 : une suite réussie? (no spoiler)

La suite de l'icônique Trainspotting débarque au cinéma le 1er mars, vaut-elle la peine d'être vue?

20 ans après le premier volet, Danny Boyle et toute la troupe de Trainspotting est de retour avec T2: Trainspotting, en salle en France le 1er mars.

Poster officiel de T2, hommage au poster original de Trainspotting

Une anecdote racontée par le réalisateur lui-même sur le plateau de Graham Norton pendant la promo raconte que pendant le tournage d’une scène en extérieur, un homme les observait en silence avant de simplement dire à Danny Boyle « T’as pas intérêt de faire de la merde, Danny. » (« This better not be shite Danny »). 

Alors, a-t-il fait de la merde?

Vivant au Royaume Uni, où le film est sorti le 27 janvier, j’ai pu aller juger par moi-même de la qualité de cette suite il y a quelques jours – et vais vous en parler, sans spoiler bien sûr.

Tout d’abord, que raconte le film?

Pour ceux qui n’auraient pas vu le premier, Trainspotting suit une bande de potes écossais vivant à Edimbourg dans les années 90 – des héroïnomanes, Mark Renton, Spud, Sick Boy et Tommy, et un alcoolique violent, Begbie.

Le casting originel à l’époque de Trainspotting, en 1996.

Accrocs, au chômage, n’ayant rien à faire de leur vie, la troupe commet de petits crimes pour se payer de la drogue. Après quelques péripéties, ils réalisent ensemble un gros coup qui leur rapporte 16 000£. Le film se finit (spoiler) avec le départ de Renton, qui s’enfuit avec le sac d’argent alors que les autres dorment.

T2 raconte ainsi l’histoire de la même bande, exactement 20 ans plus tard, comme le film en lui-même sort 20 ans après le premier.
Mark s’était enfuit à Amsterdam, où il avait refait sa vie, jusqu’au jour où un problème de santé le pousse à rentrer à Edimbourg. Il y retrouve ses amis d’antan, Sick Boy, qui survit d’arnaque en arnaque, Spud, qui se débrouille tant bien que mal, et Begbie, qui était en prison depuis, et qui s’est juré de se venger de Mark. Je n’en dis pas plus, histoire de garder le mystère.

Peut-on parler d’une suite réussie?

Oui. Définitivement.
Sans trop se reposer sur le premier, T2 utilise des images de Trainspotting, sous forme de flashbacks savamment dosés.
Le nouveau film a une histoire, qui découle certes des personnages que nous connaissons de Trainspotting, mais qui peut s’apprécier sans avoir forcément le premier en tête.
On rit, on stresse, on verse une larme; c’est un film qui nous fait ressentir des choses. Peut être est-ce dû au fait que l’on connaisse les acteurs, qu’on les ait vu 20 ans plus tôt dans ces rôles et que les personnages en sont devenus attachants. Peut être aussi est-ce simplement dû au fait que, mine de rien, c’est un bon film.

Côté image, Danny Boyle a fait du bon boulot. Dans les décors, les couleurs, le symbolisme, les images sont belles et on prend plaisir esthétiquement parlant.

Enfin, côté ambiance, ce volet se révèle plus déjanté que le premier et peut être plus léger en un sens – là où Trainspotting était plus concentré sur l’horreur de la drogue, l’enfer de l’addiction et la difficulté de ces conditions, T2 nous offre vraiment « la vie après », après l’héroïne, après la jeunesse, après les conneries.

Comment se débrouiller, à 40 ans, quand on a un passé rongé par l’addiction? Comment évolue-t-on? Comment mener une vie d’adulte rangé, après avoir passé ses jeunes années à se piquer?

On voit ces hommes galérer à s’en sortir en tant que pères de famille, en tant qu’adultes, en tant que personnes clean, et les problématiques offertes dans T2 sont donc plus variées et en un sens plus légères.

L’humour est extrêmement présent, et joue notamment beaucoup sur l’accent écossais terrible des acteurs principaux – d’où l’intérêt d’aller le voir en VO… sous-titrée !

Et bien sûr, la musique, qui avait une place clef dans le premier, est tout aussi soignée dans ce second film. La séquence d’ouverture à elle seule vaut le détour, et les musiques tout au long du film ont été extrêmement bien choisie, allant de Blondie à The Prodigy, en passant par Queen et Run-D.M.C. Un résultat entraînant, qui fout la pêche et donne envie de danser.

En bref, je vous conseille vivement d’aller découvrir cette suite au cinéma – et surtout pas en VF, ça gâcherait sans aucun doute la moitié des blagues et l’atmosphère du film.

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